Menée entre 1997 et 1999, la Hordaland Health Study, vaste étude norvégienne sur un vaste sujet, s’est intéressée aux niveaux d’anxiété et de dépression au travail, en particulier en cas d’heures supplémentaires.
Les scores de dépression et d’anxiété, évalué par l’échelle HAD (Hospital Anxiety and Depression Scale) de 1 350 sujets ayant rapporté faire des heures supplémentaires payées, avec une durée de travail hebdomadaire allant de 41 à 100 heures, ont été comparés à ceux de 9 092 travailleurs n’ayant pas dépassé leur quota habituel (durée de travail de 35 à 40 heures pour les hommes et de 32 à 40 heures pour les femmes).
Au total, les 1 099 hommes et 251 femmes ayant déclaré avoir travaillé plus de 40 heures par semaine, avaient des scores d’anxiété et de dépression supérieurs au groupe d’hommes et de femmes n’ayant pas signalé d’heures supplémentaires, pris comme référence
Dans un contexte où de nombreux travaux attirent l’attention sur les risques, en termes de santé, et de sécurité au travail, liés aux longues durées de travail, cette étude relie heures supplémentaires et anxiété et dépression, avec peut-être une relation dose-réponse entre heures travaillées et survenue de ces troubles. Elle montre, chez les femmes et les hommes ayant travaillé en heures supplémentaires, avec des durées hebdomadaires de travail allant de 41 à 100 heures, des niveaux d’anxiété et de dépression significativement supérieurs à ceux des hommes travaillant de 35 à 40 heures par semaine et des femmes travaillant de 32 à 40 heures par semaine, avec des différences, notamment selon les revenus et selon la dureté des tâches manuelles.
Chez les femmes ayant effectué des heures supplémentaires, en comparaison du groupe de référence, les niveaux d’anxiété et de dépression étaient significativement plus élevés et les prévalences de troubles anxieux et dépressifs étaient significativement augmentées. Les femmes ayant travaillé en heures supplémentaires avaient soit le niveau de compétence le plus haut, soit le moins élevé, avec une proportion de travailleuses à horaires variables et de nuit et un niveau d’activité physique au travail plus important que dans le groupe de référence.
Ainsi, chez les hommes une différence est faite entre ceux travaillant de 41 à 48 heures hebdomadaires et ceux travaillant de 49 à 100 heures. Pour les premiers l’étude recense les travailleurs à plus hauts niveaux de compétence, ayant achevé leur scolarité au lycée ou un niveau universitaire ainsi que les travailleurs à horaires variables et de travailleurs de nuit. Le score d’anxiété moyen était plus élevé que dans la population de référence, mais la prévalence des troubles anxieux et dépressifs n’était pas significativement accrue.
Chez les seconds, travaillant de 49 à 100 heures par semaine, les niveaux d’anxiété et de dépression étaient significativement plus élevés que chez les travailleurs n’effectuant pas d’heures supplémentaires. Ce groupe comptait plus de travailleurs effectuant des tâches manuelles lourdes, plus de travailleurs à horaires variables et de travailleurs de nuit que le groupe de référence.
Dr Claudine Goldgewicht
Kleppa E et coll. : Working overtime is associated with anxiety and depression : The Hordaland Health Study. J Occup Environ Med 2008 ; 50 : 658-66
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