Alors que Martine Aubry et Bertrand Delanoë occupent ces dernières semaines le devant de la scène dans la course à la
succession de François Hollande, Ségolène Royal lance la contre-offensive.
L'ex-candidate PS à la présidentielle, qui présentera samedi sa motion devant ses partisans réunis à la Maison de la Chimie
à Paris, doublera son texte d'un livre d'entretiens avec le sociologue Alain Touraine. Selon l'équipe de la présidente de Poitou-Charentes, c'est le sociologue qui a proposé
cette idée à Ségolène Royal.
Le livre, qui «n'est pas le livre-programme d'une candidature», insiste l'entourage de l'ex-candidate, sortira le 8 juillet.
Mais Le Monde en publie jeudi les bonnes
feuilles.
«L'Etat préventif»
Premier point, le principe d'un «Etat préventif» capable d'anticiper les difficultés avant qu'elles ne surviennent. Pour la
présidente de Poitou-Charentes, «L''Etat ne peut certes pas donner d'ordres aux entreprises, mais il doit utiliser les leviers dont il dispose, comme les exonérations de
cotisations patronales», pour pousser à des «accords entre patronat et syndicats sur les salaires et les conditions de travail» ou «amener les entreprises à adopter des
principes de justice et de responsabilité». Ségolène Royal insiste également sur la nécessité de réduire la dette, en décentralisant et en évaluant mieux les politiques avant
leur reconduction.
Nation et socialisme
Reprenant son discours sur la Nation, très critiqué à gauche durant la campagne présidentielle, Ségolène Royal assume ses
«glissements» de 2007 : «j'ai fait revenir dans les références de la gauche l'affirmation du rôle majeur des familles, de même que j'ai fait revenir vers la gauche la question
de l'autorité par le concept d'ordre juste, de même j'ai assumé, défendu, illustré l'identité nationale et l'hymne national». L'ex-candidate, évoquant Barack Obama, défend
l'idée d'une «nation métissée», et propose une «cérémonie républicaine pour tous les jeunes» à l'âge de 18 ans.
Des retraites par points
S'inspirant de «la réforme suédoise», la présidente de Poitou-Charentes propose de réformer les retraites en allant vers un
système de compte individuel, dans lequel chaque cotisant «accumule des points tout au long de sa vie active de façon à déterminer le montant de sa pension au moment où il
choisit de partir en retraite».
En finir avec l'union de la gauche
Concernant les alliances que doit conclure le PS, Ségolène Royal estime que son parti doit «être fédérateur» avant tout,
d'autant plus que «en dépit d'un attachement à des valeurs et à des convictions, l'identité de gauche ne va plus de soi». Estimant que les électeurs d'extrême-gauche «ne sont
pas tous trotskistes», de même que les électeurs du centre ne sont pas tous «des démocrates-chrétiens convaincus», Ségolène Royal veut en finir avec le «cycle politique» de
l'union de la gauche, ouvert en 1977 au congrès d'Epinay par François Mitterrand pour «en commencer un nouveau».
Changer le PS
Enfin, l'ex-candidate socialiste explique que son parti n'est plus assez présent «au cœur des mobilisations sociales ni des
débats intellectuels» et doit repenser son organisation pour «enrichir encore davantage notre projet». Refusant une «gauche qui, sous couvert de réalisme, renoncerait à
corriger un certain nombre d'inégalités» - une allusion au «libéralisme» revendiqué par Bertrand Delanoë, Ségolène Royal prône une «lucidité radicale» du socialisme. Quant au
congrès, elle affirme préférer «une bonne querelle à une mauvaise synthèse».
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