Vendredi 29 février 2008
Environ un millier de manifestants, réunis place du Palais-Royal à Paris, ont réclamé "une relance de la politique artistique et culturelle de la France".
Manifestation d'intermittents à Avignon en 2003 (AP)
Le matin même, les syndicats et fédérations de professionnels de la culture interpellent Nicolas Sarkozy, dans Libération, pour réclamer "une relance de la politique artistique et culturelle de la France".
Ils faisaient part de leur "inquiétude" et demandaient au président de montrer son "engagement déterminé" sur "l'affirmation du rôle essentiel de l'art et de la culture dans la politique de l'Etat".
"Contre une culture Bigard"
"Artistes, espèce en danger", tel était le mot d'ordre de la manifestation, située non loin du ministère de la Culture. Les organisateurs ont distribué des masques d'ours en papier pour le symboliser. Les manifestants portaient des pancartes où figuraient "Sarkozy, permanent du spectacle", "Albanel, OGM de la Culture" ou "Culture bigarrée et pas culture Bigard".
L'appel à cette journée de "mobilisation nationale contre le désengagement de l'Etat dans la Culture" a initialement été lancé par l'Ufisc (Union fédérale d'intervention des structures culturelles), qui regroupe essentiellement des structures de musiques actuelles. La mobilisation a été rejointe par d'autres secteurs culturels, comme le théâtre.
Déficit de politique culturelle
Depuis plusieurs mois, la grogne monte dans le monde de la culture et plus particulièrement du spectacle vivant, qui dénonce un déficit de politique culturelle et un désengagement budgétaire de la part du gouvernement.
Mercredi déjà au Théâtre de l'Odéon, une conférence de presse sur ces thèmes avait rassemblé un nombre exceptionnellement élevé de metteurs en scène du théâtre public, dont de grands noms comme Olivier Py, Patrice Chéreau, Ariane Mnouchkine, Didier Bezace, Jérôme Deschamps, Muriel Mayette ou Stanislas Nordey.
Certains étaient présents à la manifestation de vendredi, dont Arnaud Meunier (Compagnie de la Mauvaise Graine).
"A-t-on encore une politique culturelle en France ou ne s'agit-il plus que d'une vision comptable des choses?", a-t-il déclaré. "On nous tient un double discours: d'un côté on parle d'ambition pour la démocratisation culturelle, de l'autre on sacrifie le peu d'argent qui reste pour ce travail".
Lettre ouverte
Les signataires de l'appel réclamaient "l'augmentation du budget 2008 pour le spectacle vivant qui permettrait de remettre à niveau toutes les structures et de relancer l'action culturelle". La lettre ouverte est signée par la Feps (Fédération des employeurs du spectacle vivant public et privé) et l'Ufisc (Union fédérale d'intervention des structures culturelles).
La lettre ouverte souligne que "de nombreuses compagnies théâtrales, chorégraphiques, d'arts du cirque et de la rue (...), beaucoup de lieux et groupes de musiques actuelles, d'orchestres permanents, d'ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés subissent des baisses a minima de 4 à 6%".
"Certaines compagnies et structures, déjà diminuées l'année dernière, sont en grande difficulté", poursuit le texte, qui évoque "la reprise de la crise de l'intermittence".
"Faudra-t-il attendre un nouvel incendie des festivals d'été?", s'interrogent les signataires de la lettre.
par Désirs d'avenir Paris 16
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