S é g o l è n e  R o y a l
                    Désirs d'Avenir Paris 16


Mercredi 30 avril 2008
Ce rapport confirme que le processus de réduction de la pauvreté globalement observé sur les deux dernières décennies marque une pause : en 2005, dernière année connue, 3,7 millions de personnes (6,3 % de la population totale) vivaient en dessous du seuil de pauvreté (681 euros par mois pour une personne seule), soit un nombre identique à celui de 2003. Et l'intensité de la pauvreté tend à s'aggraver. L'écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté ne cessant de s'accroître depuis 2002 (16,3 % en 2002 à 18,2 % 2005), de plus en plus de personnes s'éloignent de ce seuil et "s'enfoncent" dans la précarité.

 

TEMPS PARTIEL

 

Même l'emploi protège de moins en moins contre la pauvreté. En 2003 et 2005, le phénomène des working poor (travailleurs pauvres) s'est ainsi accentué : il y a trois ans, 1,74 million de personnes, soit 7 % des travailleurs, occupaient un emploi mais étaient malgré tout dans un ménage ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté ; deux ans plus tôt, ils étaient 1,47 million.

La pauvreté touche d'abord des travailleurs qui connaissant de longues périodes de chômage, mais aussi ceux qui sont employés toute l'année à temps partiel (21 % des travailleurs pauvres) et les non-salariés (27 % sont indépendants).

Les difficultés des travailleurs pauvres sont aussi souvent liées à leur situation familiale. Un tiers d'entre eux a un conjoint chômeur ou inactif (contre 23 % de l'ensemble des travailleurs) et un autre tiers est sans conjoint (contre un quart de l'ensemble des travailleurs). Plus de 40 % des travailleurs pauvres ont ainsi un revenu supérieur à un smic annuel mais qui, rapporté à la composition de leur ménage et en l'absence d'autres ressources, ne permet pas de dépasser le seuil de pauvreté.

Sources : le Monde.fr Laetitia Van Eeckhout
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Mardi 29 avril 2008
Interview  de Ségolène Royal  réalisé par Ariane Vincent  pour  "l'hebdo des socialistes".


Candidate socialiste de l’élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal dresse le bilan de la première année de Nicolas Sarkozy au pouvoir. La présidente de la région Poitou- Charentes revient sur une année où les Français ont vu leur pouvoir d’achat s’amoindrir et appelle à une opposition constructive contre des « injustices profondes ».

Quel bilan faites-vous de cette première année de Nicolas Sarkozy au pouvoir ?

C'est une année perdue. Il y a eu bien sûr le fiasco du paquet fiscal, avec 15 milliards d’euros chaque année et notamment un bouclier fiscal qui rapporte 350 millions d’euros à 20 000 personnes. Je rappelle au passage que contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, la plus grande partie des 5 milliards d’euros consacrés aux heures supplémentaires vont aux entreprises, et non aux salariés concernés. Ces derniers ne touchent en moyenne que 4 euros pour 45 minutes de travail en plus ! Je rappelle aussi que la déduction fiscale des intérêts d'emprunts ne profite trop souvent qu'à ceux qui seraient de toute façon devenus propriétaires... Les autres, ceux qui auraient besoin d'être aidés, en sont pour leurs frais.

Les caisses de l’État ont été vidées, comme l’a lui-même reconnu Nicolas Sarkozy, et cela n’a provoqué aucun retour de la croissance. Au contraire, la rigueur est déjà là. La grande majorité des salariés paie pour les dépenses inefficaces et injustes de ce gouvernement et subit la hausse des prix sans que le pouvoir ne réagisse. Dernier exemple en date, le RSA, qui était au départ une bonne idée, sera financé par la suppression de la Prime pour l’emploi pour cinq millions de salariés modestes. Au lieu d’être le président du pouvoir d’achat, il est président de la régression sociale et de la baisse du niveau de vie.

Vos craintes ont donc bel et bien été confirmées ?

Oui. Nicolas Sarkozy paie aujourd’hui pour ses promesses inconsidérées. Nous savions que ce qu’il promettait ne serait pas tenu. Cette conception du pouvoir et de la politique, je l’ai dénoncée pendant la campagne et je continue de la critiquer. Dans un contexte de crise et d’angoisse, la posture consistant à annoncer qu’on allait régler tous les problèmes a d’abord rassuré. Mais c’était une imposture qui aujourd'hui conduit à une déception cruelle. Le résultat est une grave crise politique et morale qui rend toute réforme impossible. On n’avait jamais vu, en France, des manifestations de retraités et de handicapés. Car ces fameuses « réformes » menées, elles ont été soit injustes, soit partielles, soit les deux. Et elles sont de plus en plus désordonnées.

J’ajoute que sa pratique du pouvoir a été hyper-personnalisée et d’une grande désinvolture. Le résultat, c’est qu’au lieu d’un choc de confiance, on a un choc de défiance. Ce Président avait beaucoup de cartes en main, il y a un an : il les a gaspillées. Il ne faut pas s'en réjouir. La situation de la France est grave aujourd’hui.

Expliquez-vous l'impopularité de Nicolas Sarkozy après cette première année à la tête de l'Etat ? Et si oui, comment ?

Je crois que l’impopularité record de Nicolas Sarkozy, un an à peine après son élection, est due avant tout à l'échec sur le pouvoir d'achat, même si son comportement personnel cet hiver a rendu cet échec encore plus insupportable. La déception est d’autant plus forte que les attentes étaient grandes. Il a promis la rupture, mais il conduit tout simplement une politique de droite. Lorsqu’ils regardent autour d’eux, les gens, même ceux qui ont voté pour lui, se rendent compte que rien n’a changé en mieux depuis l’élection présidentielle.

À quoi le pays doit-il s'attendre aujourd'hui, et comment l'opposition doit-elle réagir ?

Il ne faut pas s’attendre à autre chose qu’une rigueur qui ne veut pas dire son nom… La dernière intervention du Président (émission du 24 avril) n’a rassuré personne sur ce point… et sur les autres. Aujourd’hui, nous avons le devoir de lui rappeler sans cesse ses engagements de campagne, sur les petites retraites, sur les salaires, ainsi que sur la politique étrangère. Nous avons le devoir de dénoncer les contrevérités ou les approximations, elles ont été nombreuses lors de cette émission. Par exemple sur l'éducation nationale, où il donne l'image d'une France en situation d'échec pour justifier des suppressions de postes aveugles qui pénalisent de façon scandaleuse de nombreux territoires. Ou encore sur les retraites, car c'est bien la baisse des pensions qui est programmée si on ne parvient pas à résoudre la question de l'emploi des plus de 55 ans et si on ne parvient pas à prendre en compte la pénibilité des métiers.

Nous avons enfin le devoir de montrer qu'une autre politique est possible, donc de marteler nos contrepropositions. Elles passent par l'annulation du paquet fiscal et sa redistribution d'abord sur le pouvoir d'achat, notamment à travers une baisse de la TVA et le doublement de la Prime pour l'emploi, mais aussi sur l'innovation et la recherche, enfin sur le désendettement. Mais il nous faudra aller plus loin. Les Français nous l’ont dit lors des dernières élections municipales et cantonales : ils n’en peuvent plus de ce désordre permanent et de cette injustice profonde. Et en même temps, ils ont su être attentifs à nos projets locaux, qu’ils ont soutenus par un vote d’adhésion. Nous devons à la fois protéger, imaginer et apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique au service d’un idéal !

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Lundi 28 avril 2008






Le Parti socialiste dénonce les mauvais choix du gouvernement en matière de retraites, jugeant qu'il n'est pas acceptable d'allonger à 41 ans la durée de cotisation.

Dans un communiqué, le PS déplore l'absence de nouvelles sources de financement pour sauver le système par répartition, notamment "l'élargissement de l'assiette des cotisations sociales sur les rémunérations exceptionnelles" que sont l'intéressement, la participation ou les stock-options.

Pour les socialistes, la loi Fillon de 2003 a échoué à ramener la branche vieillesse à l'équilibre et n'a pas tenu les engagements pris sur la précarité salariale, la pénibilité des métiers et le taux d'activité des seniors.

Les sanctions envisagées en cas d'échec des négociations dans les entreprises sur ce thème "n'interviendraient que dans trois ans" alors que la question est "urgente et décisive", estiment-ils.

"La volonté aujourd'hui d'allongement de la durée de cotisation à 41 annuités n'est pas acceptable, alors que l'âge moyen de cessation d'activité ne dépasse pas 58 ans et 8 mois, et que plus de 60 % des salariés de plus 55 ans sont évincés du marché du travail", souligne le communiqué.

De même, les propositions du gouvernement visant à revaloriser les pensions de réversion ou le minimum vieillesse "restent insuffisantes et décalées en termes de pouvoir d'achat".

Pour le PS, "elles laissent de côté six millions de retraités vivant avec moins que le smic".

Le Parti socialiste "souhaite une vraie réforme, négociée avec les partenaires sociaux. Celle-ci doit être fondée sur la justice sociale, la solidarité intergénérationnelle et le système par répartition".

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Dimanche 27 avril 2008

Chers amis,
Pour des raisons d’emploi du temps, je n’ai pas pu vous faire part des entretiens que j’ai eus avec le Premier ministre indien, Manmohan Singh et Sonia Gandhi avant aujourd’hui. En voici la teneur :

Au début de notre entretien j’ai fait observer que les unes des journaux indiens étaient les mêmes que celles des journaux Français. La flambée des prix alimentaires et le problème des OGM, autant de questions qui se posent en Europe comme en Asie ou en Amérique !

J’ai souhaité aborder le cas d’Arcelor Mittal. J’ai expliqué le ressentiment justifié des salariés face à cette délocalisation. Manhmohan Singh m’a répondu sans détour que les entreprises doivent faire preuve de responsabilité à l’égard des territoires sur lesquels elles sont implantées.


Bien d’autres points ont également été évoqués :

L’Inde apprécie le soutien que lui apporte la France dans sa candidature à un siège permanent au Conseil de sécurité, dans l’élargissement du G8 aux pays émergents et dans la mise au point d’un statut particulier devant permettre à l’Inde de reprendre ses coopérations nucléaires civiles avec le reste du monde.

S’agissant des échanges économiques, la France exporte vers l’Inde deux fois moins que le Royaume-Uni ou l’Allemagne mais son commerce avec l’Inde est équilibré (2,5 milliards d’euros dans chaque sens) et les exportations françaises augmentent rapidement. L’objectif est de doubler les échanges d’ici 2012. J’ai indiqué que nous devions favorisons une politique d’investissement industriel français en Inde et indiens en France.

Plusieurs centaines de milliers d’étudiants indiens poursuivent leurs études supérieures à l’étranger et d’abord dans les pays d’expression anglaise. La France n’en reçoit que 1 500 alors qu’elle reçoit 17 000 Chinois. Une politique active visant la promotion des études supérieures en France a donc été engagée depuis plusieurs années, notamment avec le concours de certaines Régions et de Campus France. Cette politique doit être une priorité.


Les questions internationales globales ont fait l’objet d’un tour d’horizon complet :

Environnement et changement climatique


L’Inde est consciente de l’impasse écologique dans laquelle elle risque de se trouver par une pression démographique croissante sur une terre que le changement climatique affectera durement. Cependant, elle estime que les pays industrialisés doivent prendre leurs responsabilités les premiers et qu’elle ne saurait adopter des politiques qui freineraient sa croissance économique, clé de la baisse de la pauvreté. Il faut trouver des formules qui permettent de financer sans surcoût l’accès aux technologies propres.

Terrorisme

L’Inde est durement frappée par le terrorisme islamiste du fait de la question du Cachemire et de l’existence de cellules liées à Al Qaida dans certaines villes. Elle attache une importance capitale à la coopération internationale. Elle souhaite que les pays occidentaux restent vigilants à l’égard du Pakistan.

Multilatéralisme

L’Inde estime qu’elle n’occupe pas la place qui lui revient dans les instances multilatérales (Conseil de sécurité, FMI, Banque mondiale, G8). Elle apprécie la position de la France et avait apporté son soutien à la candidature de Dominique Strauss-Khan au FMI parce que celui-ci portait un message d’ouverture aux pays émergents.



Sur le plan régional, l’objectif de l’Inde est d’assurer la paix et la stabilité.

Chine et Tibet

La Chine est le grand rival de l’Inde. Personne n’a oublié l’invasion de 1962. La Chine revendique encore une partie du territoire de l’Etat indien au Nord Est (l’Etat de Arunachal Pradesh). Néanmoins, les deux pays se sont entendus depuis plusieurs années sur une politique de normalisation progressive et la Chine est le premier partenaire commercial de l’Inde.

En ce qui concerne le Tibet, l’Inde accueille depuis 1959 le Dalaï Lama et quelques 150,000 réfugiés tibétains. Dans leur grande majorité, les Indiens considèrent le Dalaï Lama comme un grand leader religieux et une personnalité attachée à la non-violence, et ont de la sympathie pour les revendications tibétaines. Si l’Inde appelle la Chine au dialogue et au respect de l’identité culturelle tibétaine, elle prend soin de ne rien faire qui puisse être interprété par Pékin comme un appui aux séparatistes.

Iran

L’Inde entretient des relations très anciennes et très proches avec l’Iran. Si elle approuve la politique internationale visant à prévenir l’accès de l’Iran à l’arme nucléaire, elle estime que les sanctions sont inefficaces et craint une offensive militaire qui serait une catastrophe humaine, politique et économique.

Pakistan

Depuis plusieurs années, l’Inde et le Pakistan conduisent avec difficulté mais constance un processus de normalisation. Au lendemain de l’attentat qui a coûté la vie à Benazir Bhutto, l’Inde a suivi avec anxiété les élections et a vu, avec soulagement, l’arrivée au pouvoir de la nouvelle coalition. Elle est cependant sceptique sur la solidité de cette alliance et se demande dans quelle mesure les services secrets pakistanais, qu’elle accuse de soutenir les mouvements séparatistes au Cachemire et de laisser faire des opérations terroristes, accepteront une complète dévolution du pouvoir aux civils.

Birmanie

L’Inde entretient avec ce pays une relation de bon voisinage et il est capital pour elle de la maintenir afin de contrôler autant que faire se peut la main-mise chinoise. Sensible à l’hétérogénéité ethnique de la Birmanie, l’Inde considère qu’un pouvoir fort est nécessaire à Rangoon pour contrôler les risques séparatistes. Dans ces conditions, si l’Inde appuie la politique de l’ONU en vue de la dévolution du pouvoir aux forces démocratiques et si elle a toujours été proche d’Aung San Suu Kyi, elle désapprouve toute tentative d’imposer des sanctions internationales à la junte. J’ai évidemment marqué mon désaccord avec cette position.

Afrique

Enfin, ma visite a coïncidé avec la conclusion du 1er sommet Inde-Afrique qui a rassemblé à Delhi une dizaine de Chefs d’Etat et de gouvernement africains. Ce premier sommet est, pour l’Inde, l’occasion de resserrer ses liens avec un continent où la Chine est particulièrement agressive mais qui recèle des ressources naturelles particulièrement nécessaires à la croissance économique du pays. Le Premier ministre était manifestement très satisfait de ce sommet.


J’ai conclu ma rencontre avec le Premier ministre et Sonia Gandhi en relevant que l’Inde fait l’objet, en France, d’un intérêt croissant qui témoigne de la vitalité de nos liens.


Ségolène Royal

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Agenda





le  vendredi 29 août à 14h30 ouverture de 
 l'Université d'été à La Rochelle
en présence de Ségolène Royal
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Télécharger le programme de l'Université d'été en pdf

* * *
le vendredi 29, vers 18 heures,
 pot amical autour de Ségolène Royal 
à la Salle de l'Oratoire
 (rue Albert 1er – près de la Place de Verdun),
à 5 mn à pied du port de La Rochelle. 

* * *
Samedi 27 septembre
de 18 à 22 heures
au Zénith de Paris
Nous nous retrouverons pour
un Rassemblement de la Fraternité
 Avec Ségolène Royal

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