S é g o l è n e
R o y a lDésirs d'Avenir Paris 16
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Ecouter l'interview de Françoise Degois sur France Info, le 30 janvier.
Femme debout, de Françoise Degois,
Denoël, février 2009, 277 p.,
19 euros.
Le Mot de l'éditeur :
Voici un ouvrage original par son propos comme par sa facture. Le grand sociologue Alain Touraine propose une grille de lecture de la société française, à laquelle la responsable politique réplique, thème par thème, discutant la pertinence de l'analyse et en tirant des conclusions politiques. Ces « rencontres » intellectuelles, ce va-et-vient, par courts chapitres où alternent les textes de chaque co-auteur, entre l'approche théorique des bouleversements engendrés par la mondialisation et la traduction pratique, concrète, tangible, dans la sphère politique, nourrissent un ouvrage de fond qui apporte, une fois n'est pas coutume, une véritable valeur-ajoutée à l'intelligence de la nouvelle France.
S é g o l è n e
R o y a l
La notion de PIB (produit intérieur brut) et, partant, de croissance (du PIB) a été
inventée aux Etats-Unis lors de la grande dépression de 1929. Cet indicateur de richesse reste la référence de nos gouvernements et son augmentation prétend mesurer le progrès de nos
sociétés.
La critique en est ancienne et le rapport Meadows « Halte à la croissance » a ouvert le feu dès 1970. Aujourd’hui tout le monde, y compris le Président de la République, dénonce la
dictature du PIB, car la crise renforce la légitimité des recherches alternatives. D’autres indicateurs de l’état d’une nation sont élaborés sous le haut patronage des prix Nobel d’économie,
Amartya Sen, inventeur de l’indicateur de développement humain (IDH) devenu référence du PNUD (Programme des nations unies pour le développement), et aussi Joseph Stiglitz. Globalement le PIB a
le tort de n’additionner que des valeurs monétaires, produites par les entreprises et les administrations, d’en arriver ainsi à porter à l’actif du PIB les dégâts sociaux et environnementaux, et
finalement d’assimiler le progrès humain au progrès économique à travers la croissance du PIB.
Au premier rang des nouveaux indicateurs de richesse , l’IDH, déjà cité, prend lui-même en compte de nombreux indicateurs particuliers, tels que la richesse matérielle, mais aussi l’espérance de
vie, l’accès des habitants à la santé et à l’éducation, la participation des femmes à la vie politique, etc…l’empreinte
écologique mesure l’équivalent en nombre d’hectares de la consommation nécessaire à un habitant d ‘un pays donné pour vivre et consommer (pour un Français d’aujourd’hui 5,1 ha), et le
rapporte aux capacités réelles de la planète. (1,6ha par terrien) .L’indicateur de bien-être économique inclut des valeurs qui vont de la consommation au degré de protection sociale ou de
préservation de l’environnement. Un indicateur de santé sociale des régions françaises révèle que les régions les plus riches économiquement, comme l’Ile-de-France, sont les plus pauvres en
termes de santé sociale, tandis que le Limousin réalise la meilleure performance. .Sont aussi proposés un indicateur du bonheur, un indicateur de sécurité
personnelle…
L’essentiel est peut-être ailleurs. Aucun indicateur, si synthétique qu’il soit, ne peut rendre compte de la complexité du réel. Comme le dit le philosophe Patrick Viveret, spécialiste de ces
questions : « un indicateur est un outil pour sensibiliser et alerter : il doit « parler » aux gens afin qu’ils modifient leurs comportements ou acceptent des
politiques radicales ».Parce qu’il y a autant de types d’indicateurs que de façons de se représenter une « bonne » société et qu’un indicateur n’est jamais neutre, les
indicateurs alternatifs au PIB doivent être le produit d’une délibération collective de qualité. Restera-t-elle confinée au travail d’un petit groupe de savants , ou bien, pour coller à la
réalité , commencera-t-elle avec l’expertise quotidienne des citoyens et des citoyennes dans un débat largement ouvert à la société civile? C’est la solution préconisée par un rapport du
CESE (Conseil économique, social et environnemental) mandaté par François Fillon, à laquelle s’oppose la « boîte à outils » des économistes présentée par Jean-Paul Fitoussi,
porte-parole de la commission Stiglitz mandatée par le Président de la République.
Notre choix est clair : par obligation de pertinence scientifique et par cohérence politique, les citoyens doivent avoir la parole.
La démocratie participative est consubstantielle au développement humain.
Annick Bleugat
"D'une rive à l'autre, l'euroméditerranée en questions »
Le 30 Novembre 2009
ouverture des portes à 18h30
Au Théatre Dejazet
41 bd du Temple
PARIS 3è
Métro République
Intervenants :
Antoine Sfeir, journaliste, directeur des Cahiers de l' Orient, président du Centre d'études et de réflexions sur le Proche-Orient
Pascal Boniface, Directeur de l'Institut de relations internationales
Amiral Jean-François Coustières
Hakim El Karouï, essayiste
Sihem Belkhodja, directrice Artistique et Initiatrice du Printemps de la danse - Rencontres Chorégraphiques de Carthage
L'UPP sera animée par Najat Vallaud-Belkacem, adjointe au maire de Lyon.

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