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  • : Blog des militants et sympathisants de Désirs d' Avenir du 16ème arrondissement de Paris, laboratoire d'idées et soutien de Ségolène Royal
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A lire, A voir....

Ecouter l'interview de Françoise Degois sur France Info, le 30 janvier.

 Femme debout, de Françoise Degois, Denoël, février 2009, 277 p.,
19 euros
.

 



  
 Si la gauche veut des idées

Le Mot de l'éditeur :

Voici un ouvrage original par son propos comme par sa facture. Le grand sociologue Alain Touraine propose une grille de lecture de la société française, à laquelle la responsable politique réplique, thème par thème, discutant la pertinence de l'analyse et en tirant des conclusions politiques. Ces « rencontres » intellectuelles, ce va-et-vient, par courts chapitres où alternent les textes de chaque co-auteur, entre l'approche théorique des bouleversements engendrés par la mondialisation et la traduction pratique, concrète, tangible, dans la sphère politique, nourrissent un ouvrage de fond qui apporte, une fois n'est pas coutume, une véritable valeur-ajoutée à l'intelligence de la nouvelle France.



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Articles de presse

Mercredi 7 octobre 2009 3 07 10 2009 15:11

On connaissait déjà le journal Libération pour ses problèmes de dénombrement lors d'un meeting de Martine Aubry à la veille de l'élection du premier secrétaire du PS en novembre dernier. En effet, le journaliste avait annoncé sans rougir que 1.000 personnes étaient présentes chez Martine (chiffre contesté dans les commentaires de mon article d'alors par une militante présente ce soir là) puis était venu s'expliquer sans se démonter qu'il avait "un peu surestimé" en comptant "à la louche" mais-qu'il-ne-se-contentait-pas-de-compter-les-places-assises et allait jusque sur le trottoir compter les fumeurs (et probablement aussi chez les voisins d'en face...).

Maintenant, on a droit à la division par deux (normal, après la multiplication en CE1, un an plus tard en CE2, on passe aux divisions). En effet, la dépêche AFP annonçant 250 personnes, des journaux comme Le Parisien et une radio comme Europe1 se sont empressés de reprendre l'information en titrant sur la solituuuude© de Ségolène Royal !

 Problème : il y avait deux fois plus de personnes hier au théâtre Dejazet. Tout simplement parce que l'orchestre était "comble" (sic Christophe Barbier sur son twitter) et que l'orchestre fait largement 350 places voire 400, dans un théâtre en comptant 700. Si on ajoute les personnes présentes au balcon que l'on voit sur cette vidéo et les organisateurs trainant -comme c'est toujours le cas- dans les couloirs et dans les allées, il n'est pas difficile d'arriver sans peiner à 450-500 personnes.

 Pourquoi alors ce chiffre de 200 personnes ? Il faudrait leur demander. En tout cas, on peut tout à fait comprendre pourquoi certains organes de presse se sont empressés de le relayer. Le "ségo-bashing" est une mode. Et actuellement c'est la tendance automnale "Royal solitude™". Les alliés politiques s'en vont, les équipes s'en vont. Du coup, on titre sur le départ de certaines personnes mais pas sur l'arrivée d'autres et maintenant... fatalement... il faut faire du buzz autour d'un pseudo vide militant. Et quelque chose me dit qu'on n'a pas fini d'en entendre parler, histoire de meubler un peu le temps politique avant les régionales.

 Etonnamment, en juillet dernier, lorsque la presse ne titrait pas encore sur la solitude politique de Royal (mode *vacances d'été* oblige), l'Université Participative sur les pesticides avait attiré autant de monde que celle de lundi, et personne n'avait commenté l'affluence.

 Honnêtement, 500 personnes à Poitiers ce week end, une salle bien remplie pour une réunion militante dans sa région le 3 octobre, entre 400 et 500 personnes à Dejazet hier... on a connu leader socialiste plus seul.


 PS : Au moment où j'écris ces lignes, un mail de l'équipe de Ségolène Royal (oui, oui, elle a une équipe) informe les militants que "Outre les images qui parlent d’elles mêmes, à défaut d’être présents et lucides il y a deux manières assez simple de vérifier ces chiffres. L'orchestre de la salle du Théâtre Dejazet compte 400 places et celles-ci étaient toutes occupées. Si l'on compte les personnes installées aux balcons, il y avait 620 personnes.

 Car les règles simples de sécurité imposent au théâtre de tenir exactement le compte des entrées et des sorties en cours de soirée et le directeur du théâtre a fait ce pointage."

Vous pouvez retrouver la réaction complète de l'équipe de Royal sur le site Retablirlaverite.org (très utile ce truc décidemment).

                                                                                                        Source le  Post

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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 09 2009 17:31

Pourquoi la défense d'Hortefeux ne tient pas

Accusé de dérapage, le ministre de l'Intérieur a pris à plusieurs reprises la parole pour expliquer en quoi ses propos n'avaient rien de raciste. Problème: ce qui est visible sur la vidéo lui donne tort.

- L'entourage du ministre affirme que celui-ci "fait référence au nombre de clichés déjà pris avec des Auvergnats", après qu'il eut été "assailli" de demandes de la part de ces derniers pour poser avec eux.
Faux. Sur la vidéo, on peut entendre que la conversation ne porte plus sur les Auvergnats mais bien sur l'origine du militant. Ainsi, un participant parle de l'intégration, un autre affirme qu'il (le militant) parle arabe. Enfin, juste avant que Brice Hortefeux ne prononce sa fameuse phrase ("Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. Allez, bon courage…"), on entend une femme dire "c'est notre petit arabe".
Il n'est donc plus du tout question des Auvergnats ici.

- La majorité dénonce une "campagne de dénigrement " qui prouverait, selon Xavier Bertrand, "que la gauche est prête à tout pour nous nuire".
Faux. Lemonde.fr a publié la vidéo, a interrogé le jeune militant, a appelé le ministère de l'Intérieur. En bref, Lemonde.fr a fait un travail journalistique. La gauche n'a instrumentalisé personne, elle n'a fait que réagir aux propos du ministre.
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Lundi 4 mai 2009 1 04 05 2009 11:57

Toujours en colère contre ses anciens amis du Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon ne cesse de pester contre une gauche trop timide, munie d'un programme en demi-teinte. Le sénateur de l'Essonne, qui a créé son Parti de gauche, entend proposer une ligne de rupture avec le capitalisme, mais via les urnes. Pour lui, la crise économique que traverse le système capitaliste indique qu'"un monde est fini", celui du libéralisme. Candidat du Front de gauche aux européennes, en alliance avec le PCF, il tente d'attirer les électeurs déçus du PS. Et espère faire la différence avec un Olivier Besancenot.



Après un 1er Mai réussi, comment analysez-vous la crise sociale que connaît le pays ? Reflète-t-elle pour vous une colère globale ?

Oui. Mais il faut être lucide sur cette colère. Les gens ont peur de ne pas avoir d'avenir. Ils sont révoltés car ils trouvent que les conséquences de cette crise sont injustes. Mais annoncer tous les jours la révolution, c'est de la manipulation. Il y avait bien plus de violence dans les années 1970. Moi, je vois aujourd'hui un monde qui part en petits morceaux. Et un grand désarroi. Il y a donc une immense disponibilité envers la gauche. Elle est pourtant absente. Voila le drame.


Soutenez-vous la démarche d'Olivier Besancenot qui appelle à une marche nationale des sans-emploi ?

Cela me trouble un peu. Le politique n'a pas à surgir, comme ça, dans le mouvement social, en donnant des consignes. Les syndicats, par leur unité, ont levé le couvercle de la résignation sociale. Notre responsabilité est de lever la résignation politique. Le lien du social au politique n'est pas mécanique. Regardez la Guadeloupe. Ce qu'a fait le LKP est remarquable mais le mouvement social s'est arrêté aux portes du politique. A nous d'offrir une alternative politique plutôt que de faire des surenchères avec les syndicats.


Partagez-vous le pronostic de Dominique de Villepin, celui d'un "risque révolutionnaire" ?

Il voit ça comme un risque ; pour moi, c'est plutôt une chance. Sinon, comment le pays va-t-il sortir du trou noir ? Les gens qui perdent leur travail ont un vécu de bêtes prises au piège ; ils se demandent comment finir de payer la maison ou les études des gamins. Les chefs politiques leur parlent une langue étrangère, tellement loin de la réalité ! Ils se comportent en commentateurs et non en acteurs. La plupart d'entre eux ne sont pas mentalement préparés à cette crise. Ils ont bien vécu les vingt glorieuses du libéralisme. Ils ont du mal à admettre ce qui arrive. Ils sont dans le même état de sidération que celui dans lequel la gauche s'est trouvée après l'effondrement du mur de Berlin : une incapacité à nommer ce qui se passe, à proposer autre chose. Ils ne parviennent pas à comprendre que le monde d'hier est bel et bien fini.


Qui mettez-vous derrière ces "ils" ?

Tous les "importants". Mais d'abord Nicolas Sarkozy. La droite, il faut le reconnaître, a un vrai chef de guerre. Il a le sens des situations de lutte, pense tout en termes de combat, et projette toute son énergie sur un seul objectif : "Profiter de la crise" - ce sont ses mots - pour faire ce qu'il appelle des "réformes structurelles". Il est dans une logique de confrontation sociale. Mais il n'est pas sorti du cadre et sa vision pour la France est très datée : les années Reagan.


François Bayrou annonce qu'il est entré en résistance contre le sarkozysme. Pourrait-il un jour devenir votre allié ?

C'est un homme qui tient tête. Il exprime des valeurs utiles à notre temps. Mais son programme économique est de droite et il ne s'en cache pas. N'oublions pas les leçons de l'histoire : l'illusion centriste a été mortelle pour la gauche partout où elle a été pratiquée en Europe.


C'est un avertissement en direction de vos anciens amis socialistes ?

Ah ! mes amis socialistes. Ils sont toujours entre deux chaises : Martine Aubry est archaïquement sociale-démocrate. Elle vit dans un monde qui n'existe plus : celui du compromis social entre capital et travail dans le cadre de l'Etat nation. Le PS pense que le capitalisme a oublié le social et qu'il suffit d'en mettre un peu pour avoir une société plus juste. Combien de temps cette bulle d'illusions va-t-elle mettre pour éclater ? Quand on vit une récession d'une telle ampleur, on ne peut plus faire croire qu'un petit coup de croissance à l'ancienne suffira à panser les plaies. Je prône l'insurrection civique pour tout changer et organiser la transformation autour de trois axes : la planification écologique, la refondation républicaine et un nouveau partage des richesses.


Dans vos prises de position récentes, vous semblez plus indulgent envers Ségolène Royal...

Ce qui me plaît chez elle, c'est qu'elle cogne. Elle a une forme d'obstination contre Sarkozy qui est plutôt roborative. La gauche ne cogne pas assez, car le parti dominant, le PS, est dans la connivence. Voyez son positionnement européen : des promesses pour une Europe plus sociale incompatibles avec le traité de Lisbonne qu'il soutient comme Sarkozy. Un autre exemple : quand le PS continue à cultiver l'illusion qu'il veut mettre en place une régulation du capitalisme, de quoi parle-t-il ? De l'OMC et du FMI, deux institutions dont le coeur des politiques est le contraire de ce qu'il faut faire !


Vous trouvez la gauche en petite forme face à la droite ?

Hélas, oui. A droite, ils assument la situation, ils se battent. A gauche, le PS est tétanisé. A droite, la relève est flamboyante : Villepin le romantique, Bayrou le Quichotte. La gauche dominante est terne. La droite a mis les bottes, les sociaux-démocrates sont en pantoufles.


L'émiettement de la gauche n'est-il pas une opportunité pour Nicolas Sarkozy ?

Bien sûr que si. C'est la raison pour laquelle j'ai essayé de rassembler ce qu'on appelle l'autre gauche et proposé de bâtir un bloc politique qui assume sa diversité et qui, avec un programme anticapitaliste, essaie de construire une nouvelle majorité politique. Les communistes ont aussi cette vision. Ils ont joué le jeu, pas Besancenot. Le NPA a choisi la voie d'un parti d'avant- garde qui se construit dans la délimitation politique avec le reste de la gauche. Si on avait réussi un rassemblement large, on pouvait espérer passer devant le PS aux européennes et construire un programme de rassemblement de toute la gauche sur une ligne de rupture. Cette perspective est reportée. Mais si, malgré tout, le Front de gauche crée une dynamique et rassemble largement, comme je le vois dans le Sud-Ouest, on aura réussi. Après, mon objectif est de poursuivre ce front, un peu comme Die Linke en Allemagne.


Propos recueillis par Françoise Fressoz et Sylvia Zappi
Article paru dans l'édition du 03.05.09.
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 04 2009 21:02
Le Monde - Puzzle socialiste - 27 avril 2009

Et si l’organisation de primaires ouvertes aux sympathisants pour désigner le
porte-drapeau socialiste en 2012 constituait la dernière chance du PS ? La
dernière chance de remporter la présidentielle mais aussi d’échapper à un
inexorable déclin. De Manuel Valls à Arnaud Montebourg en passant par Piere
Moscovici, ils sont nombreux à s’en dire persuadés. Non pas que les primaires
constituent une panacée. Ce mode de désignation, perfectionné par les
américains, les grecs ou les italiens dans des contextes très différents
représente, selon ses partisans, une condition nécessaire mais pas suffisante
pour revitaliser la gauche. En revanche, pour ses détracteurs, de telles
primaires placeraient le PS sur une pente savonneuse et en feraient un ersatz du
parti démocrate américain. Loin de la tradition séculaire de la gauche
française.
S’il est une question qu’il faudra bien trancher dans un proche avenir, c’est
bien celle-là. D’ailleurs, la discussion est déjà officiellement lancée. Un
groupe de travail (animé par Arnaud Montebourg et Olivier Ferrand, président de
la fondation Terra Nova) réunit chaque semaine des représentants de toutes les
sensibilités du PS afin de baliser le terrain. Fin juin ou mi-juillet un rapport
dressant l’inventaire des points de convergence et de divergence sera présenté
devant le Bureau national. Il servira de base aux débats qui devront déboucher,
en décembre, dans le cadre de la convention nationale de la rénovation. A l’orée
d’un débat qui devrait rebondir dans les mois qui viennent, on peut d’ores et
déjà passer en revue les tenants et aboutissants de ces primaires ouvertes.

LES ATOUTS– Inviter les électeurs de gauche à choisir, sans intermédiaire, celui
ou celle qui portera leurs couleurs face au président sortant constituerait un
formidable levier pour lancer la candidature socialiste plaident les convaincus.
Fort(e) d’un soutien populaire – on évoque la participation de quatre millions
d’électeurs – autrement plus large que celui engendré par le vote de 200 000
adhérents du PS en 2006, le ou la candidat(e) bénéficierait d’une légitimité
considérable et d’une vraie « vitesse acquise » au moment de lancer sa campagne.
Ces serait aussi un bon moyen de faire le plein des voix de gauche dés le
premier tour. Face à Nicolas Sarkozy investi par l’UMP sans réel concurrent,
François Bayrou désigné par Marielle de Sarnez et Olivier Besancenot intronisé
par un NPA au fonctionnement guère moins archaïque que feue la LCR, le candidat
socialiste pourrait se prévaloir de l’onction démocratique. En outre, ces
primaires ouvertes aux sympathisants imposeraient au PS de sortir de ses enjeux
internes pour s’ouvrir enfin vers l’extérieur en mettant en exergue des éléments
de débat susceptibles de concerner l’opinion de gauche. L’antithèse du congrès
de Reims, en quelque sorte. Last but not least, cette consultation à laquelle
les participants s’inscriraient contre le versement de 5 ou 10 euros permettrait
de financer la campagne électorale grâce à un système de « petits dons ». Comme
celle de Barack Obama, pardi.

LES RISQUES – A contrario, les adversaires des primaires font valoir que ce
système qui n’a eu d’effet positif qu’une fois sur deux en Italie enfermerait
pendant plusieurs mois le PS dans une campagne électorale interne, forcément
éprouvante, éventuellement déprimante et d’autant plus violente qu’elle se
tiendrait sur la place publique. En fait, leur principale objection porte sur la
conception du parti induite par un choix qui aboutirait de facto à retirer aux
adhérents du parti socialiste la responsabilité de choisir leur présidentiable.
Contraint de complaire aux sympathisants, ce dernier serait immanquablement
tenté de se fier plus volontiers aux sondages qu’aux fruits des réflexions de
l’intellectuel collectif que constitue le parti. Bref, le PS deviendrait un
rassemblement de supporteurs chargés de coller des affiches et de faire du porte
à porte une fois tous les cinq ans. Risque connexe; augmenter le risque de voir
le candidat, consacré par les sympathisants, se dresser ccontre la direction du
parti, élue par les militants.

LES QUESTIONS A TRANCHER
– Elles sont nombreuses et touchent au calendrier
(opter pour le printemps ou l’automne 2011 ?), à des considérations techniques
(pourra-t-on voter via internet ?) et, surtout, politiques. Certains suggèrent
d’élargir la primaire aux autres partis de la gauche. Hypothèse peut
envisageable dans la mesure où ces derniers seraient quasiment sûrs d’être
battus tout en se privant des aides publiques liées à une candidature
présidentielle. D’autres interrogations surgissent. Quels critères de sélection
adopter pour faire émerger les candidats à la candidature et organiser leur
confrontation publique ? Organisera-t-on un ou deux tours de scrutin ?
Devra-t-on faire adopter le programme du parti avant les primaires ? Et dans
l’affirmative, comment obtenir de l’heureux élu qu’il s’y conforme ? On le voit,
rien n’est simple.

QUI EST POUR ? A priori, les pro-primaires sont aujourd’hui les plus nombreux.
Parmi les plus chauds partisans, on recense les signataires de la motion E de
Ségolène Royal, les strauss-kahniens de toutes obédiences et les amis d’Arnaud
Montebourg qui, après la VI ème République, se considère investi d’une nouvelle
mission historique. Les partisans de Benoît Hamon ne sont pas contre.

QUI N’EN VEUT PAS ?  François Hollande est opposé aux primaires au nom du
maintien de la primauté des militants. Et peut-être aussi parce que sa cote de
popularité dans l’opinion lui offre assez peu de chances d’être plébiscité par
les sympathisants. Pour les mêmes raisons, Laurent Fabius voit les primaires
ouvertes d’un très mauvais œil. Cela posé, on peut retourner le compliment et
remarquer que les personnalités les plus en cour dans les sondages – Ségolène
Royal mais aussi DSK – sont celles qui réclament l’organisation de ces primaires
avec le plus d’insistance. Reste le cas de Bertrand Delanoë. Evoquer la
désignation du candidat socialiste à la présidentielle par les sympathisants
peut provoquer des montéers d’urticaire dans les rangs de sa  famille d’origine,
celle des jospiniens. Or, le maire de Paris sait aussi qu’il est sans doute plus
populaire dans l’opinion publique que dans les rangs de son propre parti. Alors,
il préfère dégager très loin en touche lorsqu’on lui pose la question…

ET QU’EN PENSE MARTINE AUBRY ?
Cette problématique va à l’encontre de la
stratégie de la première secrétaire qui, soucieuse de conserver tout son petit
monde autour d’elle, se garde bien d’évoquer la perspective de la
présidentielle. C’est pourquoi elle a réprimandé Arnaud Montebourg, trop prolixe
à son goût à propos des primaires. Et décidé de repousser à la fin de l’année
l’organisation de la convention consacrée à la rénovation qui devra faire
trancher la question par les adhérents.
En conférence de presse, chaque fois que les primaires reviennent sur le tapis,
Martine Aubry répond que d’autres dossiers sont plus urgents. Pour elle, il faut
d’abord rénover le parti et son programme avant de se préoccuper de la
désignation de son champion. Ce raisonnement, qui a sa logique, indique que la
première secrétaire ne considère pas les primaires ouvertes comme un élément
central de la modernisation du PS. Dans son entourage, on juge qu’il serait
«anormal » d’accorder au sympathisant « qui ne s’est donné que le mal de se
déplacer » un pouvoir de décision égal à celui du militant dévoué et fidèle.
Peut-être, Martine Aubry considère-t-elle que donner les clés de 2012 aux
sympathisants avantagerait Ségolène Royal alors que le vote des adhérents du
parti lui serait plus favorable. Une opinion qui pourrait évoluer si,
d’aventure, la maire de Lille prenait de l’assurance à la tête du PS.

Jean-Michel Normand

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Lundi 27 avril 2009 1 27 04 2009 09:48

Violence et séquestrations

Elie Guedj pour Evene.fr - Avril 2009

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Avec les séquestrations de patrons et les dernières violences, ont ressurgi les effluves du radicalisme des années 1970. Au lieu d'interroger la moralité de ces actions, peut-être serait-il préférable de les interpréter à l'aune du mode de revendication le plus institutionnel et, paradoxalement, actuellement le plus déprécié par les pouvoirs publics : la grève.


Si les condamnations ont été unanimes pour dénoncer les dérives nihilistes de Strasbourg, la nuance semblait plus appropriée - jusqu'à la destruction de la sous-préfecture de Compiègne - pour décrire les colères des salariés de Sony ou Continental. A droite comme à gauche, on explique les excès des seconds comme la conséquence du désespoir et de la situation économique. Certains y voient un désamour originel des Français envers la loi, une culture de l'insurrection. Dans cette société spectaculaire où le politique est sommé de défendre ou conspuer au lieu de penser, on passe aisément du drame social au scandale, voire à "l'inacceptable", en zappant de la rue de Solférino aux bancs de la majorité.
Il existe cependant une interprétation étrangement passée sous silence. Ne pas évoquer l'actuelle dévalorisation de la grève - comme mécanisme institutionnel à générer des droits, et à les préserver – corrompt la pertinence du diagnostic. La radicalité naît souvent du fatalisme, c'est-à-dire d'un flirt non consenti avec l'inéluctable. Et la perte d'impact et de considération de la grève par le pouvoir va de pair avec ce sentiment tragique d'impuissance, si justement évoqué par un salarié de Caterpillar : "Aujourd'hui, on a plus les moyens, les outils pour exiger. On n'est pas fort face à cette direction qui a le pouvoir et la justice de son coté. On a rien, nous." (1) L'illégal devient légitime quand le droit devient injuste ou déficient. L'idée n'est pas nouvelle. Les séquestrations ou les tribunaux populaires (Lens) des maos de Victor Serge opposaient déjà dans les années 1970 la raison contre la raison d'Etat, l'éthique contre la loi. A contrario, les syndicats refusaient ce genre de pratiques (au risque d'être traités de collabos), fidèles à une histoire, symboles d'une institutionnalisation progressive de la contestation.
Si la détresse exprime un renversement dû au sentiment général d'impotence de la chose politique face aux vanités économiques, à la déchéance des souverainetés nationales, elle est surtout attribuée au discrédit idéologique soigneusement porté contre ce droit social. Ainsi, se réjouir que "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit" (2), serait plus qu'une boutade : une véritable faute d'homme d'Etat et de démocrate.


Le poids d'une responsabilité

Au même titre, le discours du 24 mars de Sarkozy, à Saint-Quentin, est révélateur de ce mépris disgracieux porté contre la grève : "Si j'ai le devoir d'entendre ceux qui manifestent, j'ai également la responsabilité de ceux qui ne défilent pas mais qui souffrent, et c'est d'abord pour eux que j'ai agi (...)" affirme le Président avec une légèreté déconcertante. Diviser la société entre travailleurs et assistés, usagers des services publics et fonctionnaires grévistes, public et privé, etc., est idéologique pour la majorité. Dorénavant, il faudrait ainsi distinguer ceux qui protestent de ceux qui souffrent, donnant volontairement l'impression que l'un s'oppose à l'autre. Pire, lui nuit. Entre 1,5 et 3 millions d'égoïstes, de privilégiés, auraient ainsi défilé le 19 mars. L'argument est réducteur mais son efficacité a fait ses preuves.
La pratique de la grève a beaucoup souffert de cette mythologie et de nombreuses autres caricatures, comme le nonisme syndical ou l'improductivité de la contestation. Les médias ne sont pas exempts de tout reproche par leur penchant à flatter la doxa, pourtant récalcitrante. (3) Le 10 avril, le 'Grand Direct' d'Europe 1 posait une question effarante à ses auditeurs : "Le fonctionnaire est-il un privilégié ?" Autant de mensonges démentis par l'Histoire, les statistiques et les cadres juridiques.


De la révolution à l'institutionnalisation

Contrairement aux idées reçues, la grève n'est pas issue d'un ressentiment contre les tenants illégitimes du capital, mais comme objectivation de la solidarité. Le refus de la concurrence entre ouvriers qu'engendrait la précarité du travail a effectivement développé l'esprit de résistance et de révolte. Refusant le "darwinisme social", la solidarité prolétarienne voulait supplanter la sélection économique et la lutte pour l'emploi. Dans sa forme primitive et radicale, "la grève générale", a incarné ainsi plus qu'un soulèvement, un processus précepteur et émancipateur, "la forme sublimée de la coalition ouvrière" (4), a priori insoluble dans l'espace politique. La Charte d'Amiens, établie durant le congrès de la CGT de 1906, symbolise ce paradigme révolutionnaire refusant au syndicalisme toute représentation institutionnelle. (4) Les nécessités conjoncturelles et structurelles vont cependant avoir raison de ce radicalisme. Entre l'avènement tant attendu du "grand soir" et un souci d'actions concrètes et immédiates, le syndicalisme va progressivement bifurquer de la "grève rupture" à son institutionnalisation, du principe espérance au principe responsabilité, d'un messianisme de gauche à l'obtention effective de droits. Les grèves générales de 1936 et surtout de 1968 ont d'ailleurs paradoxalement participé à cette intégration dans l'espace public en obtenant, à l'issue de mouvements pacifiques mais défiant le droit de propriété, la reconnaissance, puis l'extension du droit syndical dans l'entreprise, l'élection des délégués ouvriers, la mise en place des conventions collectives, etc. 

Préserver les acquis

Zoom
Aujourd'hui, ce bienfait démocratique est remis en cause. La grève, même dans un rapport de force, reste dans un cadre légal. Contractuelle, elle est un droit qui génère des droits. Mais son évolution s'est déroulée parallèlement à son changement d'objet. Nous sommes passés de revendications affirmatives (augmentation des salaires, diminution du temps de travail, etc.) à des luttes défensives. La grève de 1995 (réforme des retraites) sonnant le glas d'un modèle calqué sur 1936 ou 1968, il a fallu protéger des acquis sociaux et non plus prétendre à de nouveaux droits. Après ce stade actif puis défensif, les salariés appréhendent la troisième étape : celui d'un droit de grève à protéger contre un déclin programmé. Quand le service minimum, si glorifié par la majorité (Xavier Bertrand en tête) se veut le garant de "certaines" libertés, il n'est pas négligeable de rappeler que c'est au nom de ces mêmes principes que Napoléon avait créé le délit "d'atteinte au libre exercice de l'industrie ou du travail".


L'argument essentialiste

De même, l'argument du pouvoir en place consiste à dénoncer des grèves corporatistes ou de privilégiés en opposant les Français entre eux. Mais l'histoire des conditions de travail infirme cette représentation. Comme réaction à la docilité, à l'asservissement et à la paupérisation déterminés par la concurrence entre ouvriers - du fait de l'organisation de l'usine -, la lutte avait un caractère universel. Le prolétaire devenait par la singularité de sa condition l'expression de l'humanité tout entière. Dès lors, la résistance à cette forme d'oppression fondait sa cause sur des valeurs telles que la justice sociale, l'émancipation, l'égalité ou le principe de solidarité. Aujourd'hui, cette globalisation des revendications a persisté sous de multiples formes. Les agents du service public, en défendant des acquis en danger, perpétuent l'humanisation de la société. Ce qui paraît être du conservatisme est en réalité une fidélité ; l'intérêt particulier, une lutte globale. Leurs récriminations transcendent leur condition pour investir l'ensemble des salariés, y compris ceux du privé. Et contrairement à ce qui est clamé avec impudeur, la singularité de l'usage du droit de grève par les fonctionnaires n'est pas un privilège mais la conséquence d'un cadre juridique si étroit, si rigide qu'il empêche d'autres alternatives. (5)
C'est ce "scandale" de l'usager de grève que révélait Barthes. L'essentialisme bourgeois exposé comme scindant la société en unités sociales inconciliables. Quand la fonction devient ontologique, le cheminot gréviste perd son statut d'homme, acteur des communautés nationales et humaines, pour incarner un "personnage" social, sans épaisseur. La grève n'est plus un droit, déterminé par des causes, des rapports de forces, bref par une histoire, mais une prise d'otages, c'est-à-dire une outrance, un dérapage (car "elle gêne précisément ceux qu'elle ne concerne pas") (6), brisant ainsi une logique naturelle. De la même façon, Jean-François Copé est "absolument scandalisé" sur Europe 1, par les violences des salariés floués de Continental.
C'est cette division que fabrique le gouvernement. Ces mêmes politiques qui s'érigent en défenseurs de l'unité nationale, "de logique de rassemblement" et de la cohésion en temps de crise, et qui pourtant, stigmatisent en "essentialisant" les citoyens.
Réagir avec consternation sur l'immoralité des actions est aussi un bon moyen de déplacer de débat.

Ainsi est-il de la responsabilité du pouvoir actuel. Ne pas entendre les colères formulées par la grève, discréditer cette forme contractuelle de contestation, contribue à renvoyer dos à dos la violence des Black Blocks et la légitimité juridique de la cessation de travail, à promouvoir le caractère futile des moyens légaux de contestation. A l'image du droit de vote, la grève risque de devenir le symbole d'une résistance molle et déficiente. Un prêche dans le désert pour salariés crédules et trop sages. Comment éviter cette radicalisation ? Non à coup de phrases assassines et de procédés essentialistes, mais en pratiquant un dialogue social sincère et une écoute réactive aux alternatives proposées (relance par la consommation, défense du service public, réglementation des échanges financiers, projets culturels et éducatifs globaux, etc.). Au risque, sinon, de voir les violences et les radicalismes devenir les nouvelles formes courantes d'expression sociale. La responsabilité incombe également aux organisations syndicales. Face à la globalisation, les révoltes locales ou nationales seront de moins en moins effectives. Le projet d'un syndicalisme européen parait être la seule voie envisageable pour garder du poids et se faire entendre. Il ne faudrait pas minimiser ces enjeux. Car ne pas revaloriser le droit de grève aurait pour conséquence dramatique de discréditer encore un peu plus ce qui atteste de la bonne santé d'une démocratie : "la chose politique".

(1) France Inter, journal de 13 heures du 20 avril 2009.
(2) Propos tenus au Conseil national de l'UMP, réuni le 5 juillet à la Mutualité de Paris.
(3) 75 % des Français comprennent la grève du 19 mars et selon le sondage IFOP Sud-Ouest, 75 % des Français considéraient que la grève du jeudi 29 janvier était justifiée contraignant d'ailleurs le Président Sarkozy à mesurer son discours – passant de
"j'écoute mais je ne tiens pas compte" à "j'écoute et je tiens compte".
(4)
'La Grève', Guy Groux et Jean-Marie Pernot, p. 20, éd. Sciences Po les presses.

(5) Les fonctionnaires sont interdits de débrayage ou de grève du zèle. La gratuité dans les transports ou dans les musées est fermement condamnée.
(6) Lire le magnifique article de Barthes au sujet de l'usager de la grève in
'Mythologies', p.125.



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  INVITATION

UPP
Université populaire participative
 

"D'une rive à l'autre, l'euroméditerranée en questions »

Le 30 Novembre 2009
ouverture des portes  à 18h30

 
 Au Théatre Dejazet
41 bd du Temple
PARIS 3è
Métro République


 Intervenants :

Antoine Sfeir, journaliste, directeur des Cahiers de l' Orient, président du Centre d'études et de réflexions sur le Proche-Orient

Pascal Boniface, Directeur de l'Institut de relations internationales

Amiral Jean-François Coustières

Hakim El Karouï, essayiste

Sihem Belkhodja, directrice Artistique et Initiatrice du Printemps de la danse - Rencontres Chorégraphiques de Carthage


L'UPP sera animée par Najat Vallaud-Belkacem, adjointe au maire de Lyon.



 







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