S é g o l è n e  R o y a l
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Samedi 12 juillet 2008
Publié le 11/07/2008, dans Actualité Médicale sur JIM.fr

Menée entre 1997 et 1999, la Hordaland Health Study, vaste étude norvégienne sur un vaste sujet, s’est intéressée aux niveaux d’anxiété et de dépression au travail, en particulier en cas d’heures supplémentaires.
Les scores de dépression et d’anxiété, évalué par l’échelle HAD (Hospital Anxiety and Depression Scale) de 1 350 sujets ayant rapporté faire des heures supplémentaires payées, avec une durée de travail hebdomadaire allant de 41 à 100 heures, ont été comparés à ceux de 9 092 travailleurs n’ayant pas dépassé leur quota habituel (durée de travail de 35 à 40 heures pour les hommes et de 32 à 40 heures pour les femmes).

Au total, les 1 099 hommes et 251 femmes ayant déclaré avoir travaillé plus de 40 heures par semaine, avaient des scores d’anxiété et de dépression supérieurs au  groupe d’hommes et de femmes n’ayant pas signalé d’heures supplémentaires, pris comme référence

Dans un contexte où de nombreux travaux attirent l’attention sur les risques, en termes de santé, et de sécurité au travail, liés aux longues durées de travail, cette étude relie heures supplémentaires et anxiété et dépression, avec peut-être une relation dose-réponse entre heures travaillées et survenue de ces troubles. Elle montre, chez  les femmes et les hommes ayant travaillé en heures supplémentaires, avec des durées hebdomadaires de travail allant de 41 à 100 heures, des niveaux d’anxiété et de dépression significativement supérieurs à ceux des hommes  travaillant de 35 à 40 heures par semaine et des femmes travaillant de 32 à 40 heures par semaine, avec des différences, notamment selon les revenus et selon la dureté des tâches manuelles.

Chez les femmes ayant effectué des heures supplémentaires, en comparaison du groupe de référence, les niveaux d’anxiété et de dépression étaient significativement plus élevés et les prévalences de troubles anxieux et dépressifs étaient significativement augmentées. Les  femmes ayant travaillé en heures supplémentaires avaient soit le niveau de compétence le plus haut, soit le moins élevé, avec une  proportion de travailleuses à horaires variables et de nuit et un niveau d’activité physique au travail plus important que dans le groupe de  référence.

Ainsi, chez les hommes une différence est faite entre ceux travaillant de 41 à 48 heures hebdomadaires et ceux travaillant de 49 à 100 heures. Pour les premiers l’étude recense les travailleurs à plus hauts niveaux de compétence, ayant achevé leur scolarité au lycée ou un niveau universitaire ainsi que les travailleurs à horaires variables et de travailleurs de nuit. Le score d’anxiété moyen était plus élevé que dans la population de référence, mais la prévalence des troubles anxieux et dépressifs n’était pas significativement accrue.
Chez les seconds, travaillant de 49 à 100 heures par semaine, les niveaux d’anxiété et de dépression étaient significativement plus élevés que chez les travailleurs n’effectuant pas d’heures supplémentaires. Ce groupe comptait plus de travailleurs effectuant des tâches manuelles lourdes, plus de travailleurs à horaires variables et de travailleurs de nuit que le groupe de référence.


Dr Claudine Goldgewicht

Kleppa E et coll. : Working overtime is associated with anxiety and depression : The Hordaland Health Study. J Occup Environ Med 2008 ; 50 : 658-66
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Lundi 7 juillet 2008
Par Daniel Schneidermann


On pensait avoir définitivement basculé dans le conditionnement moderne, c’est-à-dire nappé du sucre glace de la religiosité. Processions pour la délivrance de l’héroïne, tee-shirts immaculés, rollers, lâchers de colombes, angelots, chorales, ballons, portraits géants aux frontons des mairies. Et après la résurrection, émotion obligatoire devant les retrouvailles familiales, la maman, les enfants, les deux maris, génuflexion devant les «orgies de baisers» des retrouvailles, prosternation collective. Ainsi la France entière, shootée aux photos du bonheur et aux flashes spéciaux, a-t-elle dû subir les scènes pieuses du retour de sainte Ingrid. Ainsi a-t-on entendu un journaliste de France Info, dans la liesse universelle, supplier la libérée d’accepter par avance le prix Nobel de la paix. Et l’ostentation-surprise, par l’otage délivrée, d’une foi proprement chrétienne (avec chapelet, et prière surprise sur le tarmac) ne fut que l’un des adjuvants du spectacle.

On pensait avoir basculé dans cette propagande-là, celle qui n’interdit plus rien, celle qui a laissé ses ciseaux au vestiaire, celle qui ne se donne plus la peine de mentir ou de cacher, puisque sourire, trembler de bonheur et pleurer de joie devant les caméras sont tellement plus efficaces. Mais stupeur ! Dans le tsunami modernissime de la libération d’Ingrid Betancourt, sont venues se glisser, aussi, quelques gouttes d’archaïque propagande.

Reprenons. L’ostensible combat pour cette libération fut l’un des tout premiers de Sarkozy, à peine élu. Réussir où Villepin et Chirac avaient échoué lui était, comme toujours, une motivation première. Toutes les voies de possibles négociations avec les Farc, notamment par l’entremise de Chávez, furent explorées. On proposa d’accueillir en France d’éventuels repentis guérilleros. De longs mois durant, Sarkozy et les Betancourt sommèrent Uribe de composer avec les preneurs d’otages. Interview après interview, ils avaient presque réussi à imposer l’idée que le co-ravisseur d’Ingrid était, tout bien pesé, Uribe lui-même. Et soudain, surprise ! C’est Uribe qui l’emporte, en mêlant force et ruse (tout au moins, jusqu’à remise en cause éventuelle de la version officielle). Aucune importance : à peine cette libération connue, des sarkolâtres plus dévots que Sarkozy lui-même accourent devant les caméras expliquer qu’il y est pour tout. Tous les arguments sont bons.

Sur le site du Figaro, le directeur adjoint de la rédaction, Yves Thréard, assure (en exclusivité mondiale) que c’est bel et bien la carte Chávez, jouée par Sarkozy, qui a abouti à la libération de Betancourt. Christophe Barbier, directeur de L’Express, l’organe central du carlabrunisme, se surpasse sur le plateau de LCI : «Quand Sarkozy se donne un objectif suprême, rien ne l’en détourne jamais. […] Sa mobilisation personnelle a participé de la mobilisation collective. Ça a bougé les lignes au niveau international. Et voir cette mobilisation collective de la France derrière son président, c’était bon pour le moral d’Ingrid Betancourt, et ça n’a pas de prix, grâces en soient rendues à Nicolas Sarkozy.» Le même jour, sur le même plateau, il somme Bertrand Delanoë : «Betancourt et sa famille ont remercié hier le président Sarkozy. Reconnaissez-vous que sa mobilisation personnelle a accéléré le jeu diplomatique ?» Seule à oser une note discordante, Ségolène Royal est lynchée en place publique par la machine TF1. «Ça tue la polémique de Ségolène Royal !» s’exclame par exemple en direct le commentateur de TF1, François Bachy, aussitôt après le discours (étincelant d’intelligence et d’habileté) de Betancourt à l’aéroport de Villacoublay.

Déjà, dans les premières heures de la libération de l’otage, le site du Figaro avait tout bonnement… diffusé une vidéo tronquée des remerciements de Betancourt, au saut de l’avion, escamotant ses remerciements à Chirac et Villepin, pour ne laisser que l’hommage à Sarkozy.

On pensait tournée la page de l’ORTF. Qu’aucun retour en arrière n’était plus possible. Que nos lavages de cerveaux prendraient désormais les couleurs avenantes de l’émotion.

Mais les chemins de la propagande n’en finissent pas de surprendre. La particularité de l’époque, c’est l’étonnante coexistence des deux techniques, l’ancienne et la nouvelle, celle qui mobilise l’émotion et celle qui efface les dissidents de la photo. Comme s’il fallait au message mettre toutes les chances de son côté. La grand-messe unanimiste ne suffit plus. Il faut encore prendre soin d’étouffer, activement, les dissonances. Comme si les servants, pourtant aux manettes d’une sono assourdissante, craignaient encore, étrangement, de ne pas être entendus.

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Mercredi 2 avril 2008
 Interview d'Elie Cohen par Valérie Auribault
(le mardi 1er avril 2008)

François Fillon refuse d'évoquer un plan de rigueur. Mais l'opposition et les syndicats affirment qu'il est déjà là. Comment se traduit un plan de rigueur concrètement ?

- Par le passé, un plan de rigueur équivalait à la combinaison de deux facteurs : une réduction des dépenses publiques et l'augmentation des impôts ou des prélèvements sociaux. Le plan de rigueur était mis en place lorsque les déficits publics et sociaux étaient insoutenables.
Actuellement, les déficits dérapent, la dette publique augmente ainsi que les déficits sociaux. Mais le gouvernement préfère laisser filer le déficit plutôt que d'augmenter les impôts. Et même si la tentation est grande pour le gouvernement de les augmenter, je ne pense pas qu'il le fera. Ce serait condamner le pouvoir d'achat. De plus, Nicolas Sarkozy pense que cette mesure serait désastreuse pour son image. Il fera tout son possible pour ne pas en arriver là. Pour l'heure, l'Etat diffère les dépenses. D'une certaine façon, c'est hypocrite. Demain, il faudra solder l'addition. Les augmentations ne sont remises qu'à plus tard.

Y a-t-il une alternative à la baisse des dépenses publiques, à la faiblesse du pouvoir d'achat et à l'augmentation de la dette ? Comment le gouvernement peut-il s'en sortir ?

- Certaines augmentations sont indépendantes de la gestion de l'Etat. Je pense notamment à la flambée du prix du baril et, par conséquent, au coût de l'essence. Ceci n'est pas la faute du gouvernement. L'envolée du prix des matières premières ne relève pas de sa responsabilité non plus.
Ce qui relève de l'action de l'Etat, c'est la mise en place des franchises en matière de santé. Mais elles sont faibles : 850 millions d'euros alors que le déficit, cette année, est de plus de 6 milliards d'euros.
L'Etat n'a pas le courage de dire aux Français qu'ils ne paient pas le coût exact de ce que valent réellement les dépenses de santé. Le gouvernement a peur de dire aux Français qu'il faudrait se serrer la ceinture. Les difficultés économiques surviennent alors qu'il y a des problèmes de monnaie et des problèmes financiers. Dans ce contexte, la France connaît davantage de difficultés que bien d'autres pays à cause d'une croissance moindre et d'une dette importante.

Le Premier ministre a, malgré tout, affirmé que toutes les réformes sociales seront effectuées et qu'il fallait laisser du temps à la majorité.
Quelle est la marge de manœuvre du gouvernement ?


- Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir en mai 2007, il a lancé une politique qui, aujourd'hui, ne produit pas d'effet. Actuellement, la situation de la France n'est pas florissante. Le gouvernement doit reconsidérer la situation en prenant deux mesures.
La première est de ne pas distribuer les crédits votés pour les divers ministères et qui peuvent être gelés. La deuxième mesure porte sur les préoccupations du budget 2009. L'Etat doit revoir les dépenses publiques en réduisant le nombre de fonctionnaires notamment, par le biais du diagnostic de révision générale des politiques publiques. Il s'agit d'améliorer l'administration en faisant fusionner certains pôles qui font doublons et d'en supprimer d'autres. Par ce biais, le gouvernement souhaite mieux gérer le service public.

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Mardi 4 mars 2008

Le point de vue de...
 JEAN-MARIE LE GUEN,  député de Paris, vice-président de l'Assemblée nationale ; CHRISTOPHE SIRUGUE, député et président du Conseil général de Saône-et-Loire.

Le revenu de solidarité active serait, à en croire le gouvernement, la clef de voûte d'une politique d'insertion efficiente. Son utilité serait telle qu'il n'est guère besoin de mener plus avant les expérimentations sur sa mise en place ni même d'approfondir la réflexion sur l'insertion professionnelle. Le haut-commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, prévoit ainsi que notre pays abandonne le RMI et d'autres minima sociaux au profit du RSA dès la fin de l'année.

Cette idée a germé dans deux terreaux bien distincts. Elle est tout d'abord le fruit d'une réflexion sur la situation des « travailleurs pauvres ». Mais elle a surtout fleuri au sein du discours électoral de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était de bon ton de stigmatiser ceux qui n'appartenaient pas à « la France qui se lève tôt ».

Le RSA s'inspire des politiques d'activation des dépenses de chômage développées dans certains pays, dont la Grande-Bretagne des années Blair. Il s'agit d'une réponse pratique à la critique des économistes concernant la « trappe à bas salaires » : il apparaît en effet peu rémunérateur et incitatif, pour un individu au RMI, de signer un contrat de travail faiblement payé, surtout quand il peut aussi bénéficier d'autres avantages tels que la CMU, les aides à la cantine...

Il faudrait tout de même nuancer cette analyse qui ne pense l'homme qu'à travers l'Homo économicus uniquement mu par des calculs pécuniaires à court terme.

Il ne faudrait pas, non plus, omettre de s'interroger sur les effets d'aubaine pour les entreprises qu'entraînera immanquablement le RSA ni sur le poids qu'il fera peser sur les bas salaires.

Mais, surtout, le RSA est à la fois une utopie sympathique et un concept dangereux et démagogique, car tous les hommes et femmes ne sont pas en mesure de travailler selon une norme communément définie et quasi universelle (conditions, temps de travail, niveau de responsabilité...). Cette vision tient de l'image d'Épinal rassurante mais aussi de l'erreur sociale.

Les socialistes qui ont instauré le RMI, il y a plus de vingt ans, doivent aujourd'hui ne pas craindre de défendre cette idée dont ils sont fiers. Mais ils doivent aussi ne pas hésiter à en faire la critique et à proposer des pistes pour l'améliorer

Le RMI a été créé à la fin des années 1980 pour permettre l'insertion des personnes les plus en difficulté, les « nouveaux pauvres » issus des premières générations touchées par le chômage longue durée. Il s'agissait aussi d'assurer un revenu à ceux dont les ressources étaient quasi inexistantes... Cette mesure marquait une rupture dans l'approche politique de la question de la pauvreté mettant fin aux démarches d'assistanat et de charité. La protection par la société devenait un droit. Elle redonnait une dignité à ceux qui en bénéficiaient.

Certes, le volet insertion, qui doit être considéré comme un complément et non comme une contrepartie, fut longtemps négligé par les pouvoirs publics. Mais l'amélioration nécessaire des politiques d'insertion ne peut en aucun cas prendre appui sur un présupposé aussi faux que l'uniformité devant l'emploi.

Si certaines personnes sont exclues de la sphère professionnelle pour des raisons conjoncturelles solubles à court ou moyen terme (défaut de formation initiale ou continue, accidents de la vie, exclusion territoriale), d'autres le sont pour des causes structurelles plus durables (handicaps, maladies invalidantes, situations familiale et sociale totalement accaparantes). Les premiers ont besoin de la mise en oeuvre de politique active et ciblée d'emploi ; les seconds de la protection de la société et, sans doute, aussi de la promotion d'activités. Dans tous les cas, il est nécessaire de réfléchir à la création de parcours spécifiques.

Le RSA, en niant cette différence fondamentale, ne peut pas être l'instrument utile d'une politique de solidarité efficace en direction des exclus.

En ces temps où tous ceux qui ne peuvent pas se fondre dans le moule de l'employé « modélisé » se voient dénoncés comme étant des parangons de paresse, nous ne devons pas craindre de dire que des femmes et des hommes vivent des situations personnelles qui les placent dans l'incapacité de travailler pleinement. Nous devons à ces personnes un revenu qui leur permette de vivre dignement.

Une réponse politique, de civilisation et progressiste, à l'exclusion ne peut pas être la stigmatisation - approche barbare - mais, bien au contraire, la protection.
Sources : Les Echos

par Elizabeth ajouter un commentaire créer un trackback
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Agenda





le  vendredi 29 août à 14h30 ouverture de 
 l'Université d'été à La Rochelle
en présence de Ségolène Royal
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Télécharger le programme de l'Université d'été en pdf

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le vendredi 29, vers 18 heures,
 pot amical autour de Ségolène Royal 
à la Salle de l'Oratoire
 (rue Albert 1er – près de la Place de Verdun),
à 5 mn à pied du port de La Rochelle. 

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Samedi 27 septembre
de 18 à 22 heures
au Zénith de Paris
Nous nous retrouverons pour
un Rassemblement de la Fraternité
 Avec Ségolène Royal

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